Interview de Cyrielle Clair sur Culture & Cie

Cyrielle Clair incarne Artémise dans « Grasse matinée » d’Obaldia au Théâtre des Mathurins. La comédienne a accepté, d’outre-tombe, de répondre aux questions du site CultureCie...
La dernière fois qu’on vous a vue sur scène, c’était en 2001, pour « Une femme parfaite » de Roger Hanin. Pourquoi vous faites-vous si rare sur les planches ?
Cyrielle Clair : Être au théâtre tous les soirs est un engagement très exigeant, un don de soi, c’est pourquoi j’ai besoin d’être passionnée pour me lancer à cœur perdu dans une aventure théâtrale, et la partager avec le public !
Qu’est-ce qui vous a séduite dans le texte de René de Obaldia et dans le personnage d’Artémise ?
Cyrielle Clair : « Grasse matinée », la pièce de Obaldia, m’a séduite par son style, sa cocasserie, sa profondeur, son humour salvateur prompt à désarmer nos peurs et aussi sa poésie … Quant au personnage d’Artémise que j’incarne, elle est tout à fait étonnante : elle cache sa peur sous un optimisme décidé, elle a une vraie positivité, et elle est quand même un peu barrée … quand elle « décroche », ça délire pas mal ! Et quand elle se met à nu, elles peuvent aller se rhabiller, les filles du Crazy Horse, car avec Artémise, le strip-tease, c’est jusqu’à l’os !…
Avez-vous rencontré des difficultés particulières pour monter la pièce ?
Cyrielle Clair : J’ai été étonnée du fait qu’il n’a pas été facile de monter cette pièce de Obaldia : j’adore cet auteur, et j’ai dû refuser d’autres propositions pour être libre et jouer « Grasse matinée », et je ne le regrette pas !
En tant que star de la scène, vous avez eu voix au chapitre pour le choix de votre partenaire. Qu’est-ce qui a motivé celui de Marie Le Cam pour camper le personnage de Babeth ?
Cyrielle Clair : Plusieurs actrices ont été auditionnées, et à la première lecture avec Marie, il s’est passé quelque chose de très positif, notre duo a tout de suite fonctionné ; et je ne vous parle pas du capital sympathie de ladite Marie…
De même, qu’est-ce qui vous a amené à confier la mise en scène à Thomas le Douarec ?
Cyrielle Clair : C’est l’auteur, René de Obaldia, qui a suggéré de travailler avec Thomas. J’ai tout de suite adhéré, car j’avais beaucoup aimé plusieurs de ses mises en scène précédentes.
Comment se sont passées les répétitions ?
Cyrielle Clair : Dans la joie ! On s’est beaucoup amusés à inventer, à créer, à imaginer et à incarner ces âmes qui s’interrogent, se racontent, se rapprochent … N’oublions pas qu’Artémise et Babeth sont deux mortes, et que nous relevons le défi d’incarner des trépassées …
Enfin, que diriez-vous aux lecteurs de CultureCie pour leur donner envie de venir voir « Grasse matinée » ?
Cyrielle Clair : La pièce est franchement drôle, cocasse même, tout en étant profonde, « interpellative », philosophique, métaphysique et poétique. Y sont abordés les thèmes de la vie et de la mort, de l’après, interrogation universelle, de la solitude face à sa destinée, de la tolérance, de la peur aussi, « Grasse matinée » de René de Obaldiade l’espoir, de la confiance, de la croyance. Nous sommes dans un au-delà joyeux, mystérieux et lumineux… Que vouloir de mieux ?...
Propos recueillis par Harold Cobert | http://www.culturecie.com/fr/rubriq....

